Tevis CUP

Un terrain difficile, des dénivelés importants, une nature sauvage et des paysages superbes font de la Tevis Cup, la grande aventure équestre des Etats Unis.

Meryl a découvert l’équitation dès l’âge de 4 ans dans un centre équestre du nord de Caen. Durant dix ans elle va consacrer tout son temps libre à se former et concourir en CSO. A 14 ans, elle décide d’en faire son métier en choisissant la voie de l’alternance à la MFR de Balleroy. Son premier stage en entreprise s’effectue au Haras des Ormes, chez Olivier Labomme, où elle découvre l’endurance.

Elle y restera 8 ans et se qualifiera au niveau international. Elle a trouvé, sa discipline équestre. En juin 2012, au terme de son cursus scolaire, elle part en Angleterre pour 2 mois, chez Richard Allen et Nicky Freud, une écurie d’endurance basée au nord de Londres qui entraîne les chevaux de l’équipe chinoise. L’objectif de Meryl est de perfectionner son Anglais dans le but de partir un jour aux USA. De retour en France, l’opportunité s’offre de travailler dans le sud du pays chez Jean-Philippe Frances et Sabrina Arnold.

Chez eux, elle va découvrir, durant un an, le fonctionnement d’une écurie de haut niveau. Puis à l’automne 2014, c’est le départ pour l’aventure américaine. Elle commence par travailler dans un poney club à Big Bear Lake en Californie où elle continuera à parfaire son Anglais en donnant des cours aux enfants de Sonny’s Stables.

Une expérience de 3 mois réellement bénéfique pour la suite. Après un bref retour en France pour l’obtention d’un nouveau visa, Meryl repart cette fois-ci dans l’Utah, chez Christoph Schork et Dian Woodward (Global Endurance Training Center) où elle restera 6 mois (jusqu’à début septembre). Cette fois-ci, elle souhaite comparer l’entraînement et les courses aux USA à ce qui se pratique en France. Elle a choisi cette écurie car ils participent chaque année, avec plusieurs chevaux, à la fameuse Tevis Cup.

Courir cette épreuve mythique, était pour Meryl un rêve qui est devenu réalité le 1er Août dernier. « J-1 : Un peu stressée comme avant chaque contrôle initial, mais nous le passons avec succès. RR Jaaz Dancer (Pinky), mon compagnon de course, semble en pleine forme et prêt pour le grand jour. Pour ma part le stress retombe mais l’excitation monte. Avec Charlotte Flemming (cliente du GETC pour l’occasion), une Anglaise venue elle aussi réaliser son rêve, nous mettons notre stratégie de course en place, notre objectif étant de finir.

Nos chevaux s’entendant bien, nous pensons qu’il sera plus bénéfique pour eux de courir ensemble, notamment lors des Vet Check. Samedi 1er Août, 5:15 : départ de nuit pour 160 km dans les montagnes de Californie du Nord. Au milieu de 200 partants, c’est assez impressionnant !

C’est parti pour le premier tiers de course! Nous parcourons un terrain technique en altitude, le soleil brille de plus en plus même si nous bénéficions encore de la fraîcheur matinale de la forêt. Nous arrivons au premier Vet Check (Robinson Flat) à 10h26. Tout est parfait, nous bénéficions d’une heure de pause pour nourrir les chevaux et souffler un peu.

Deuxième partie : Longue, chaude and Hard part ! La température a considérablement grimpé, et mauvaise nouvelle, nous sommes à présent dans les Canyons ! La pente est raide, dans un sens comme dans l’autre ! A environ mi-course, je n’ai jamais été aussi contente pour mon cheval que d’avoir à traverser une rivière. Ces cinq minutes de fraîcheur lui ont permis de franchir un canyon de plus.

Sur l’ensemble de cette partie, il nous a fallu marcher et courir beaucoup afin de soulager nos montures, car la difficulté se ressent vraiment. Sept kilomètres avant Forst Hill, nous passons un Checkpoint, qui va me donner quelques frayeurs, car le transit de Pinky est alors très faible (j’obtiens une note de C pour le transit), ce qui aurait pu me causer une élimination. Je décide donc de prendre une pause pour faire manger mon cheval, avant de rejoindre Forest Hill. 20h08 nous arrivons à Forest Hill (deuxième Vet Check). Tout va bien, le transit est bien meilleur. Une heure de pause pour récupérer après ce dur deuxième tiers.

Troisième et dernier tiers de course, sous la pleine lune ! Il est 21h08, nous repartons sur la piste, bien déterminés à abattre les 51 km restant. Entre clair de lune et lampe frontale, les yeux grands ouvert, nous tentons d’entrevoir au mieux le parcours technique qu’il nous reste à effectuer. Je fais en grande partie confiance à Pinky sachant qu’il voit mieux que moi. Ce dernier est d’ailleurs reparti sur cette dernière étape avec la même énergie que 17h auparavant sur la ligne de départ. Les derniers kilomètres s’enchaînent, la fatigue globale se fait sentir. Il faut pourtant redoubler d’attention car les ravins sont présents en quasi permanence.

4h25 du matin nous franchisons la ligne d’arrivée. Pas d’explosion de joie car il nous reste à passer, le dernier Vet Check. Tout semble ok, cœur et allures, c’est parti pour le verdict final ! Le vétérinaire examine Pinky et me félicite. Je viens de finir ma première Tevis Cup : 48ème au classement général, et par conséquent de réaliser mon rêve ! L’émotion est là, mais pas d’explosion de joie non plus, car je suis vraiment trop fatiguée pour ça.

Le lendemain matin, soit 3 heures plus tard, mon cheval va bien, pour ma part les courbatures arrivent déjà, mais je n’ai qu’une seule idée en tête : refaire cette course dès que possible pour cette fois-ci tenter un Top 10 !